SYKES Henri 1750 /1820
Opticien anglais établi à Paris, Sykes était un marchand au détail ayant le statut de
« Marchand miroitier suivant la Cour ». Il agit comme agent d’importation pour les fabricants anglais en France.
En 1789, on décrivait sa boutique comme suit : « Bijouterie, clincaillerie, les instruments de physique, d’optique, les curiosités, &c … pour la physique & l’optique particulièrement les objets de fabrique anglaise’.
En 1782, Jean Paul Marat déclara que l’adaptation du microscope solaire pour l’examen des objets chauffés, qu’il appelait son ‘hélioscope’, pouvait être obtenue auprès de ‘Sikes’. (Jean Paul Marat, Recherches physique sur l’électricité, Paris 1782,)
En 1784, Cassini acheta un télescope réflecteur Dollond avec 6 oculaires pour des grossissements de 700 à 3000. Sur un reçu remis à Cassini l’année suivante, Sykes se qualifie lui-même d’« Opticien du Roy » et, à la même époque, il vend à l’observatoire une paire de globes de 3,5 pieds de diamètre de Coronelli pour le prix de 1764 livres.
Il les avait obtenus lors de la vente des effets du marquis de Marigny. Deux instruments portant sa marque définissent son activité : ‘Sykes opticien, privilégié du Roi, place du Palais Royal à Paris, maison du Caffé de la Régence au premier, où il tient magasin anglais de toute sorte d’instruments d’optique, de mathématiques et de physique, ainsi que de lunettes et crayons d’Angleterre et vues optiques des plus enluminées. Le tout à prix fixe ».
En 1779, Benjamin Franklin lui commanda une paire de lentilles bifocales, probablement de sa propre invention.
Entre 1783 et 1785, Cassini négocia avec lui un télescope grégorien à monture parallactique avec 9 oculaires ayant des pouvoirs de 150 à 3000. Le prix initial de 8000 livres avec deux ans à payer a finalement été réduit à 6000 livres.
Un autre client de Sykes était J.H. de Magellan avec qui il a eu des problèmes lorsqu’un coffre d’instruments destiné à Bochart de Saron s’est égaré, peut-être dans l’entrepôt de Dollond.
Une remarquable longue-vue monoculaire a été fournie par lui à Marie-Antoinette. Le tube du corps est en porcelaine de Sèvres avec une décoration polychrome d’oiseaux dans le feuillage, les montures des lentilles sont en ivoire noirci tandis que le tube du corps en argent est gravé des armes combinées des Habsbourg et des Bourbons.
Un microscope botanique de Withering (première forme) portant le nom de Sykes est également connu.
Selon l’inscription sur un rapporteur, 9 Sykes avait aussi une succursale ou un dépôt à Bordeaux.
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Type (période) |
Terrier (avant 1780) |
Royal (1780-1791) |
Sectionnaire (1791-1805) |
Empire (depuis 1806) |
Actuel |
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Numéro |
n°5-6 place du Palais-Royal |
n°5-6 place du Palais-Royal [1] |
n°161-162 |
n°243 |
N. S. [2] |
- Sikes, Henri, magasin de curiosités, n°6 place du Palais-Royal (Royal) (1788) (P), puis manufacturier de fil de coton n°162 (Tuileries) (1794), instruments de mathématiques, opticien, place du Palais-Égalité, n°161 (Tuileries) (et 1799), place du Palais du Tribunat (1803).
Henri Sykes, citoyen hollandais demeure place du Palais-Royal et y tient un commerce d’objets de luxe, et d’estampes, ainsi celle intitulée « Charlotte » (Journal Encyclopédique, t. VIII, 1787, p. 345). Ultérieurement il vend des instruments d’optique, par exemple un microscope de type Wilson en laiton et ivoire, complet avec ses 5 lentilles toutes numérotées. La boîte en galuchat porte l’étiquette « Sykes, place du Palais Royal à Paris ».
Citoyen actif n°90 de la section des Tuileries (Anonyme, Liste des citoyens éligibles de la Section des Tuileries, 1790).
En février 1792 il achète un moulin à papier à Saint-Rémy-sur-Avre (Eure), puis en 1795 vend son fonds diamantaire et transforme le moulin en filature de coton. Il crée également une fonderie qui alimente une usine de fabrication de métiers à filer. (Y. Marec, « Richard Waddington », Vers une république sociale, un itinéraire d’historien, Rouen, PURH, p. 325).
« Les manufacturiers d’étoffes sont prévenus que le Cn. Sykes a établi à St Rémi une manufacture en mécaniques, de filature de coton et qu’il vient d’en former un dépôt en son magasin N°162 place Égalité. » (Journal de Paris, Supplément n° 72 au n°407, 22 pluviôse an II [11 février 1794]).
Source : https://wiki.geohistoricaldata.org/Rue_Saint-Honor%C3%A9_-_Parcelle_n%C2%B0243_(Empire)
Source Daumas page 228, Augarde 56, Brieux 76, CNAM Paris (inv n°01833) Dictionnaire des fabricants français d’instruments de mesure du XV au XX siècle Frank Marcellin et Marine Fromanger.
